L'orobanche rameuse et nos solutions
Encore localisée mais en nette progression, l’orobanche rameuse du colza constitue un parasite émergent préoccupant pour la culture du colza en France. Historiquement présente dans certaines régions de l’Ouest, notamment le sud des Pays de la Loire et le Poitou-Charentes, cette plante parasite étend progressivement sa répartition géographique, avec des foyers désormais identifiés dans l'Est de la France.
L'orobanche rameuse constitue une menace de premier ordre pour la culture du colza. Longtemps invisible en surface, cette plante parasite dépourvue de chlorophylle provoque un affaiblissement progressif du colza, avec un impact direct sur la vigueur et le rendement. Les pertes dans les parcelles contaminées peuvent être très importantes et même atteindre 100 % en cas d'attaque sévère.
Chez MOMONT, le suivi de l’orobanche rameuse fait partie intégrante de notre stratégie de sélection variétale de colza. Grâce à des réseaux d’essais spécifiques conduits en zones contaminées, nous évaluons et validons des variétés de colza présentant un bon comportement vis-à-vis de l’orobanche, afin d'apporter des solutions durables aux agriculteurs et de sécuriser les rendements dans les bassins de production concernés.
Dans cet article, nous vous expliquons tout ce qu'il y a à savoir sur l'orobanche rameuse, la menace qu'elle représente pour le colza, et les moyens de lutte pour s'en prémunir et réduire les risques de contamination.
Qu'est-ce que l'orobanche rameuse ?
L'orobanche rameuse (Orobanche ramosa) est une plante parasite du colza. Appartenant au genre Orobanchaceae, elle est également connue sous le nom de Phelipanche ramosa. Véritable menace pour l'agriculture, elle est capable de parasiter d'autres cultures d'importance comme le tournesol, le chanvre et le tabac. Nous verrons que la grande force de ce parasite tient à son extraordinaire capacité d'adaptation.
Un parasite redoutable du système racinaire
L’orobanche rameuse est une plante herbacée parasite dépourvue de chlorophylle. Contrairement aux espèces de plantes traditionnelles et aux hémiparasites, elle n'utilise pas la photosynthèse pour produire sa propre énergie.
Pour survivre, elle se fixe directement aux racines de sa plante hôte et prélève les ressources dont elle a besoin : l’eau, les nutriments et la sève élaborée. D'ailleurs, son nom vernaculaire "orobanche" vient du grec "orobos" (vesce, une espèce de plante à fleurs) et "ankhein" (étouffer).
Cette relation parasitaire rappelle celle de la cuscute d'Europe avec la luzerne. Elle a pour effet de fragiliser progressivement le colza. Plus le nombre d’attaches est élevé, plus l’impact sur la culture est important.
Le parasite reste invisible pendant plusieurs mois, se développant sous terre au contact des racines, ce qui le rend difficile à détecter. Lorsque les premiers symptômes apparaissent en surface, une partie des dégâts peut déjà être constatée.
Ce caractère unique de l'orobanche et sa capacité à se développer discrètement expliquent pourquoi elle suscite autant d’attention dans les régions touchées.
Où trouve-t-on de l'orobanche rameuse ?
L'histoire de l'orobanche rameuse est intrinsèquement liée à certaines régions de l'Ouest de la France.
À l'origine, cette espèce est essentiellement présente dans les territoires suivants :
- le sud des Pays de la Loire
- le Poitou-Charentes
- certaines zones de Nouvelle-Aquitaine.
Depuis plusieurs années, de nouveaux foyers très localisés sont également identifiés dans d’autres régions.
On retrouve désormais le parasite :
- dans l’Aube
- dans plusieurs secteurs du Grand Est
- dans certaines zones du Sud de la France.
Cette expansion géographique s’explique notamment par la capacité de dissémination et la longévité des graines, qui peuvent avoir une durée de vie supérieure à 10 ans.
Une fois implantées dans un champ, les graines peuvent en effet conserver leur pouvoir germinatif pendant plus d'une décennie.
Cette spécificité de l'orobanche rend délicate la gestion du parasite et impose une stratégie à long terme.
Quel est l'impact de l'orobanche sur le rendement du colza ?
L’impact de l’orobanche rameuse dépend directement du niveau d’infestation de la parcelle.
Lorsque le parasite est peu présent, les conséquences restent parfois limitées. En revanche, dans les parcelles fortement contaminées, les pertes peuvent devenir très importantes.
Les symptômes observés sont nombreux :
- diminution de la vigueur des plantes
- réduction de la hauteur des tiges
- ralentissement de la croissance
- diminution du nombre de ramifications
- floraison irrégulière
- réduction du nombre de siliques
- baisse du poids de mille grains (PMG).
La concurrence exercée par le parasite pénalise directement le développement du colza.
Dans les situations les plus critiques, certains colzas peuvent ne produire aucune graine. Cela peut entraîner une perte totale de rendement sur les pieds les plus touchés.
Ce potentiel de nuisance élevé explique pourquoi l’orobanche est aujourd’hui considérée comme l’un des principaux parasites émergents de la culture du colza.
Une dissémination rapide et silencieuse
L’orobanche rameuse possède une remarquable capacité de dissémination.
Chaque plante produit plusieurs milliers de graines extrêmement fines, capables de rester viables dans le sol plusieurs années.
Ces nombreuses graines peuvent être disséminées via différents vecteurs :
- les outils agricoles
- les déchaumeurs
- les moissonneuses-batteuses
- les rouleaux
- le vent
- l’eau
- les transferts de terre
- certaines semences contaminées.
Le nettoyage du matériel agricole constitue donc une étape importante pour réduire les risques de propagation.
Conditions climatiques favorables
La particularité de l'orobanche rameuse est qu'elle peut se développer dans toutes les conditions pédoclimatiques françaises.
Cette grande capacité d'adaptation, plutôt rare, la rend d'autant plus redoutable comparée à d'autres maladies du colza qui nécessitent des conditions climatiques très spécifiques pour subsister.
Toutefois, l'orobanche semble s'épanouir davantage dans les sols argilo-calcaires et les zones tempérées. Les températures les plus favorables à son développement se situent entre 10 et 25 °C.
Ces conditions correspondent à celles rencontrées dans la plupart des régions françaises de production de colza. Ce qui explique la progression régulière de cette plante parasite.
Quelles solutions pour le colza ?
À ce jour, il n'existe aucun traitement chimique efficace contre l’orobanche rameuse du colza.
La lutte contre ce parasite repose donc principalement sur des mesures de protection préventives et agronomiques.
Nos principales recommandations :
- allonger les rotations
- privilégier les cultures non hôtes
- limiter le retour fréquent du colza
- éviter les crucifères en interculture
- surveiller les parcelles après floraison
- nettoyer soigneusement le matériel agricole.
Le maïs, le sorgho et le lin figurent parmi les cultures les plus adaptées pour les rotations.
À l’inverse, d'autres cultures comme la moutarde, le radis fourrager ou certaines espèces de légumineuses comme le pois peuvent favoriser le maintien du parasite et doivent être évitées dans les zones contaminées.
Ces mesures associées à un bon choix variétal de colza contribuent à fortement réduire les risques induits par l'orobanche rameuse sur les cultures. Car oui, il existe des variétés de colza capables de bien se comporter malgré la présence du parasite.
La sélection variétale : un levier majeur face à l'orobanche
Classement Terres Inovia des variétés de colza tolérantes à l'orobanche rameuse
Face à l'absence de solution chimique efficace, il est donc impératif de se tourner vers des variétés de colza tolérantes à l'orobanche rameuse. Voici une classification des variétés à bon comportement, testées en conditions contaminées.
Classement Terres Inovia des variétés de colza tolérantes à l'orobanche rameuse
| Variétés | 2024 | 2023 | 2022 | 2021 |
| HANNELI | B | B | B | |
| HAYA | B | B | B | B |
| HELIOTT | B | B | B | |
| HINSTA | B | |||
| LG ATACAMA | B | B | ||
| LID TEBO | B | |||
| SY MATTEO | B | B | B | B |
| HELLEKIS | M/B | M/B | B | |
| KWS VIRTUOS | M/B | |||
| NYMPHEA | M/B | |||
| TURBO | M/B | M | ||
| COLUMBIA (DC2018) | M | M/B | M/B | B |
| KWS ARIANOS | M | M/B | ||
| KWS MIKADOS | M | |||
| LG ACADEMIC | M | |||
| LG ADAPT | M | M/B | ||
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B : Bon comportement orobanche / M/B : Moyen à bon comportement / M : Moyennement Bon Source : Terres Inovia (2025) |
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D'après les travaux de recherche de l'institut Terres Inovia, les variétés HANNELI et HAYA figurent parmi celles manifestant la plus grande tolérance à l'orobanche. Proposées par MOMONT, elles s'inscrivent pleinement dans notre stratégie de sélection variétale, dont l'objectif est de fournir aux agriculteurs des semences performantes et adaptées à toutes les conditions.
Besoin d'aide pour choisir la variété de colza la plus adaptée à votre champ ? Deux solutions s'offrent à vous : soit contacter nos experts pour des conseils personnalisés, soit consulter la page dédiée sur notre site internet !