Conduite culturale du colza
Accompagner le colza après l’implantation : les bons leviers
Réussir la conduite culturale du colza est essentiel pour sécuriser son implantation, favoriser un développement harmonieux et maximiser son potentiel de rendement.
Après la phase d'implantation, les leviers principaux pour accompagner efficacement la culture du colza sont la fertilisation, le désherbage et la régulation.
Ce guide détaille les pratiques clés à mettre en œuvre.
La fertilisation du colza
Valoriser les apports et les reliquats
Le colza est une véritable pompe à nitrates, capable de valoriser efficacement les reliquats azotés de la culture de colza précédente ainsi que les apports organiques d'été. Cette capacité d'absorption rapide se traduit par un stockage important des éléments minéraux dans sa biomasse. Pour estimer au mieux les besoins, il est recommandé de mesurer la biomasse en entrée et sortie d’hiver à l'aide d’outils comme la réglette azote Terres Inovia ou des mesures par drone ou satellite.
Les 4 essentiels de la fertilisation
1. Ajuster l’apport d’azote selon la biomasse hivernale
Le niveau de biomasse avant l’hiver est un indicateur clé pour ajuster les apports azotés printaniers :
- Colza vigoureux : Si la biomasse est importante et que le colza a stocké suffisamment d’azote, les apports printaniers peuvent être réduits, voire supprimés si la biomasse dépasse les seuils recommandés.
- Colza faible ou hétérogène : Un apport complémentaire en azote est nécessaire pour soutenir la reprise de végétation et éviter une sous-fertilisation, qui peut compromettre le rendement.
Attention : Un excès ou un manque d’azote a des conséquences économiques directes sur la culture du colza.
2. Le soufre, un élément indispensable pour la valorisation de l’azote
Le soufre joue un rôle fondamental dans le métabolisme du colza et la valorisation de l’azote. En France, les carences en soufre sont fréquentes, surtout sur les sols légers et au printemps :
- Symptômes : Jaunissement internervaire des feuilles.
- Solution : Un apport préventif de 70 unités de SO3/ha est recommandé lors du premier apport d’azote. En cas de printemps pluvieux, un apport fractionné peut être nécessaire, car le soufre est très lessivable.
3. Phosphore et potassium : des nutriments clés pour la croissance et la résistance
- Phosphore : Essentiel dès l’implantation pour favoriser l’enracinement et renforcer la tolérance aux ravageurs. Un apport localisé au semis est particulièrement efficace, surtout sur les sols pauvres ou argilo-calcaires.
- Potassium : Régule l’hydratation et la résistance au froid. Un apport adapté, basé sur une analyse de sol, est crucial pour maintenir des réserves suffisantes en automne et au printemps.
Carence en phosphore : Visible dès 5-6 feuilles, elle ralentit la croissance et fragilise le colza face aux attaques parasitaires.
4. Le bore, un micronutriment à ne pas négliger
Le colza est une culture essentielle pour les agriculteurs français, grâce à son potentiel de rendement élevé et son rôle dans les assolements. Le bore, bien que nécessaire en petites quantités, est crucial pour la formation des graines et la qualité de la récolte.
Le désherbage du colza
Un désherbage efficace est essentiel pour éviter la concurrence précoce et protéger le potentiel de la culture de colza.
La stratégie combine une intervention en prélevée du colza et, si nécessaire, une correction en post-levée.
Ces interventions peuvent aussi être accompagner par un désherbage mécanique.
Les 3 phases du désherbage
1. Désherbage de prélevée
Le traitement de prélevée cible les dicotylédones et les graminées sensibles. L'application est optimale sur un sol frais et rappuyé après semis, avec activation par l'humidité.
2. Désherbage de post-levée
Le désherbage de post-levée permet de contrôler les adventices levées et résistantes. Il est adapté aux infestations importantes de graminées (ray-grass, vulpins) ou de dicotylédones difficiles comme le coquelicot ou le gaillet. L'intervention doit être réalisée dès les premiers stades des adventices pour maximiser l'efficacité.
3. La régulation du colza à l’automne
La régulation vise à limiter l'élongation excessive du colza avant l'hiver et à renforcer sa robustesse. Elle est à évaluer lors de semis et levées précoces, denses et vigoureux.
Les régulateurs de croissance sont appliqués dès que la culture atteint 6-8 feuilles.
Ils permettent de limiter l’élongation du collet et sa consolidation pour éviter des pertes potentielles liées au froid, voir au phoma.
A retenir
La conduite culturale du colza demande une attention rigoureuse à la nutrition et à la protection contre les adventices. Chaque intervention doit être adaptée aux conditions spécifiques de la parcelle et de la campagne. Une fertilisation équilibrée intégrant azote, soufre, phosphore, potassium et bore, combinée à un désherbage efficace permet de sécuriser le potentiel de la culture jusqu'à la récolte et maximiser le rendement.